Une rame pleine, des sacs qui se frottent, une carte bancaire au fond d’une poche. Il suffit d’une vidéo virale pour que la question revienne : un fraudeur équipé d’un lecteur pourrait-il débiter une carte sans contact en passant simplement à côté de sa victime ? Le risque existe en théorie, mais il est très encadré, et il est loin d’être la première menace qui pèse sur les usagers des transports.
Une technologie qui fonctionne à très courte distance
Le paiement sans contact repose sur la technologie NFC, pour Near Field Communication, ou communication en champ proche. Pour payer, la carte doit être approchée à moins de 4 centimètres du terminal, rappelle Service-Public.fr. Aucune saisie de code, aucune signature ne sont demandées.
C’est précisément cette simplicité qui inquiète. Mais pour tenter une fraude, un escroc doit coller un lecteur quasiment contre la carte, à quelques centimètres, et disposer d’un terminal capable d’encaisser un paiement. Dans une rame bondée, le scénario n’est pas impossible, mais il est bien plus difficile à réaliser qu’on ne le croit.
Ce que disent les chercheurs
Les spécialistes ne prétendent pas pour autant que le sans contact est invulnérable. Dans un article du CNRS Le journal, le cryptographe Pierre-Alain Fouque décrit notamment les attaques dites « par relais » : un faux lecteur placé près de la carte transmet ses données à un complice, qui les utilise au même moment sur un autre terminal. Lui-même avait demandé à sa banque de désactiver la fonction sans contact de sa carte.
Ces attaques sont documentées en laboratoire. Elles exigent toutefois du matériel, une organisation et une grande proximité physique avec la victime, ce qui limite leur usage à grande échelle.
Des plafonds qui limitent les dégâts
Même en cas de fraude réussie, les montants restent encadrés. Selon Service-Public.fr, un paiement sans contact par carte est limité à 50 euros par opération. La banque fixe aussi un plafond cumulé, par jour, par semaine ou par mois, ainsi qu’un nombre maximal de paiements consécutifs. Au-delà, il faut insérer la carte et saisir son code.
Les chiffres officiels sont d’ailleurs plutôt rassurants. Dans son rapport 2023, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rattaché à la Banque de France, relevait un taux de fraude de 0,011 % sur le paiement sans contact, l’un des plus bas historiques.
Le vrai risque dans les transports
Dans le métro ou le bus, la menace la plus courante reste bien plus classique : le vol du portefeuille, du téléphone, ou le code observé par-dessus l’épaule au distributeur. Une carte volée peut servir à plusieurs petits paiements sans contact avant que son propriétaire ne s’en rende compte.
Quelques réflexes simples réduisent nettement ce risque :
garder sa carte dans une poche intérieure ou un sac fermé dans la foule ;
ne la sortir qu’au moment de valider son trajet ou de payer ;
activer les notifications de paiement dans l’application de sa banque ;
utiliser, si on le souhaite, un étui de protection, une solution que Service-Public.fr recommande pour bloquer la lecture à distance des données ;
demander à sa banque de désactiver le sans contact si on ne s’en sert pas.
Que faire en cas de paiement suspect ?
Si une opération inconnue apparaît sur votre compte, la marche à suivre est la même que pour toute fraude à la carte, que celle-ci soit équipée du sans contact ou non, précise Service-Public.fr :
faire opposition au plus vite auprès de sa banque ou du serveur interbancaire, au 0 892 705 705, joignable 24 heures sur 24 ;
signaler la fraude sur la plateforme Perceval du ministère de l’Intérieur, ou porter plainte en cas de vol ;
contacter sa banque pour demander le remboursement, sans tarder : un paiement frauduleux ne peut plus être remboursé s’il date de plus de 13 mois.
En résumé, le piratage à distance d’une carte sans contact reste un scénario rare et limité. Garder sa carte rangée et surveiller ses comptes suffit, dans la grande majorité des cas, à voyager l’esprit tranquille.
Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
Peut-on pirater une carte sans contact à distance ?
En théorie, oui, mais uniquement de très près. La carte doit se trouver à moins de 4 centimètres d’un lecteur, et les attaques décrites par les chercheurs exigent du matériel et une grande proximité avec la victime.
Quel est le montant maximum d’un paiement sans contact ?
Selon Service-Public.fr, un paiement sans contact par carte est limité à 50 euros par opération. La banque fixe aussi un plafond cumulé et un nombre maximal de paiements consécutifs.
Le paiement sans contact est-il souvent fraudé ?
Non. L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement relevait en 2023 un taux de fraude de 0,011 % sur le sans contact, l’un des plus bas historiques.
Un étui anti-RFID est-il utile ?
Service-Public.fr recommande l’utilisation d’un étui de protection pour bloquer la lecture à distance des données. Il ne protège toutefois pas du vol de la carte elle-même.
Que faire en cas de paiement sans contact frauduleux ?
Faites opposition au plus vite, signalez la fraude sur la plateforme Perceval et demandez le remboursement à votre banque. Un paiement frauduleux ne peut plus être remboursé s’il date de plus de 13 mois.